Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Renée Mermoud : Je m’appelle Renée Mermoud, j’ai 90 ans, je suis née dans la ferme qui est devenue le Gai Soleil et j’y ai travaillé pendant 65 ans.
J’ai tenu le Gai Soleil pendant près de 50 ans, de 1968 à 2016, à la suite de mes parents qui avaient créé ce qui était au départ une pension de famille où nous logions aussi les randonneurs.
Au fil du temps, j’ai emprunté pour la transformer entièrement, avec l’aide d’architectes locaux et d’entreprises des Contamines comme le menuisier René Horellou.
Je bénis mes ancêtres d’avoir choisi cet emplacement si bien orienté, et qui porte si bien son nom… Mon bonheur a toujours été de m’installer sur le banc « en bas » de la maison, en fin de journée, avec ma famille ou des clients, pour admirer la vue et le coucher du soleil en discutant.
Pourquoi avoir signé la tribune citoyenne et ses 6 priorités pour notre village ?
Renée : Parce que j’ai passé ma vie à essayer de transmettre à mes clients mon amour de la montagne et de « là haut ». Il était donc pour moi primordial de préserver la vue imprenable que l’on a de la place du village.
Selon vous, quel est aujourd’hui le principal enjeu collectif à résoudre pour redonner un cap clair aux Contamines ?
Renée : Etre beaucoup plus unis… et aussi que l’on demande leur avis aux habitants avant d’imposer des projets aussi importants que celui de la place du village.
Dans votre vie quotidienne ici, quel est l’exemple le plus concret d’un problème ou d’un manque qui doit absolument être amélioré ?
Renée : Je n’ai pas à me plaindre car j’habite dans le centre du village, mais je regrette que le centre culturel ne s’y trouve pas, avec une salle adaptée.
Il manque aussi des places réservées aux personnes handicapées pour se garer.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir notre démarche plutôt qu’une autre ?
Renée : Parce que votre projet du centre du village m’a particulièrement ravie… J’en rêvais et cela me rassure que quelqu’un d’ici ait le courage de s’y atteler.
De plus, je tiens particulièrement à ce qu’il y ait un hôtel de charme de taille moyenne et de grande qualité.
Et puis la passerelle pour relier les deux rives, c’est une excellente idée !
Qu’est-ce qui fait, pour vous, la singularité et la force de notre station-village ?
Renée : Etre un cul de sac, un fond de vallée. A chaque fois que mes clients partaient se balader en dehors des Contamines, ils étaient toujours heureux d’y rentrer pour retrouver le calme et la sérénité.
Si on vous demande de citer un seul endroit aux Contamines, ce serait lequel et pourquoi ?
Renée : Mon banc au Gai Soleil… on y était si bien !
Comment imaginez vous le village dans 50 ans si on ne change rien… et si on agit ?
Renée : Tout mais pas les gros projets démesurés… ce serait une catastrophe, la clientèle qui aime l’esprit de village ne viendrait plus !
Mais on peut agir, avec cette nouvelle place conviviale et le développement de nouvelles activités comme le cyclisme, qui puissent se pratiquer en toute saison.
Il faut aussi penser au réchauffement, quand la neige se transformera en pluie… envisager des activités pour le mauvais temps, comme des jeux, des projections, du théâtre…
Si vous aviez carte blanche pour un projet utile à tous, lequel serait-ce ?
Renée :
Une vraie salle qui puisse accueillir tout type de spectacle.
On pourrait faire cela dans le centre d’animation actuel, en l’adaptant. Je me souviens que l’instituteur, Monsieur Guffond, avait constitué une troupe de théâtre : c’était très important car cela unissait les gens.
Qu’aimeriez-vous transmettre aux générations futures qui vivront ici ?
Renée : La joie de vivre en montagne et de faire de la montagne. Les générations futures devront aussi s’adapter aux diverses évolutions et conserver l’esprit d’entraide qui a toujours lié les habitants du village.
Je voudrais aussi que l’on continue à promouvoir la mémoire et l’œuvre de Samivel. Que le jardin Samivel reste ce qu’il est, un espace vert sans pratique commerciale.
Si vous devez résumer notre projet pour mars 2026 en un seul mot, ce serait lequel ?
Renée : L’espoir. Parce que je veux garder confiance.