« Pour la première fois, la liste n’est pas affiliée à une famille ou à un “clan” : elle est neutre au niveau histoires familiales et acteurs économiques. Elle est donc capable de rassembler les Contaminards. »

L'entretien

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Nina Remy : Je m’appelle Nina Remy, j’ai 25 ans et j’ai toujours vécu aux Contamines. Je suis la fille de Yannick, dit Nes, menuisier aux Contamines. Après une école de commerce à Chambéry, j’ai travaillé plusieurs saisons ici, avant d’ouvrir, l’été dernier, un snack dans la zone des Loyers, à côté de la patinoire et du pump track. J’ai un cercle d’amis très ancré localement, on s’entend tous super bien et je suis profondément attachée à mon village..

Pourquoi avoir signé la tribune citoyenne et ses 6 priorités pour notre village ?

Nina : Parce qu’elle apporte une nouvelle dynamique et remet enfin les habitants au cœur des décisions communales. Elle s’adresse à toutes les générations, sans opposer les jeunes aux anciens, et cherche à dépasser les querelles pour rassembler. J’ai aussi été convaincue par la méthode proposée : des projets construits avec les habitants, en prenant réellement en compte leur avis.

Selon vous, quel est aujourd’hui le principal enjeu collectif à résoudre pour redonner un cap clair aux Contamines ?

Nina : L’avenir peut être anxiogène, notamment avec la baisse de l’enneigement. Il est indispensable de poser un plan global pour anticiper l’après-ski et diversifier les activités touristiques et économiques. C’est une condition essentielle si l’on veut continuer à vivre aux Contamines, car pendant que les retombées économiques et donc nos revenus risquent de diminuer, le coût de la vie, lui, continuera d’augmenter.

Dans votre vie quotidienne ici, quel est l’exemple le plus concret d’un problème ou d’un manque qui doit absolument être amélioré ?

Nina : Le logement à l’année. Il est devenu rare, très cher, et souvent de mauvaise qualité. Il faut encourager les propriétaires à louer à l’année et à rénover leurs biens, à des loyers raisonnables, pour permettre aux habitants de vivre correctement ici.

Qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir notre démarche plutôt qu’une autre ?

Nina: Pour la première fois, la liste n’est pas affiliée à une famille ou à un “clan” : elle est neutre au niveau histoires familiales et acteurs économiques. Elle est donc capable de rassembler les Contaminards. Il y a aussi un équilibre inédit entre jeunes actifs et retraités, ce qui permet de croiser des problématiques nouvelles avec l’expérience et la mémoire du village.

Qu’est-ce qui fait, pour vous, la singularité et la force de notre station-village ?

Nina : Les Contamines restent un fond de vallée à taille humaine, où les jeunes se connaissent et s’entendent bien. Il y a une ambiance particulière, une vraie fierté d’être Contaminard, qu’on ne retrouve pas partout. Il manque surtout une nouvelle dynamique collective pour mieux valoriser ces atouts.

Comment imaginez vous le village dans 50 ans si on ne change rien… et si on agit ?

Nina : Si on ne change rien, la situation se tendra progressivement avec la diminution de l’enneigement. Les forfaits devront continuer d’augmenter pour préserver les marges, sans forcément améliorer l’accueil ou la qualité de l’offre. On n’aura pas anticipé l’avenir, et le jour où le ski ne suffira plus, la commune n’aura plus les moyens d’investir dans des projets structurants.

Si on agit dès maintenant, on peut utiliser les retombées économiques du ski pour investir dans un meilleur accueil et dans des activités plus porteuses d’avenir. Cela permettra à des familles de vivre ici à l’année, de maintenir l’école, les commerces et une vraie vie de village.

Si vous aviez carte blanche pour un projet utile à tous, lequel serait-ce ?

Nina : Un vrai centre de village, avec des aménagements publics de qualité : un lieu chaleureux et adapté, où l’on peut se retrouver, organiser des concerts, flâner, consommer. C’est ce que l’on recherche quand on part en vacances, en famille ou entre amis. Une départementale rectiligne bordée d’immeubles complique les flux, n’apaise pas le cœur du village et ne facilite pas l’organisation d’événements conviviaux.

Qu’aimeriez-vous transmettre aux générations futures qui vivront ici ?

Nina : De l’enthousiasme. Nous avons une chance incroyable de vivre ici : c’est un véritable microcosme. Encore faut-il le préserver et nous donner collectivement les moyens de nous y épanouir.

Si vous devez résumer notre projet pour mars 2026 en un seul mot, ce serait lequel ?

Nina : Rassembleur. Il est temps de passer à autre chose et d’aller de l’avant.

Ces témoignages sont publiés tels qu’ils ont été rédigés par leurs auteurs, qui disposaient d’une totale liberté pour répondre aux questions et exprimer leurs idées.

 
Basile Dunand et l’équipe Espoir Contaminard remercient chaleureusement toutes celles et ceux qui ont pris le temps de répondre et d’exprimer leur soutien.

ils nous soutiennent aussi !

« Parce que seule une approche 4 saisons rendra notre village vraiment vivant, solide et attractif dans la durée. »
« Garder un village à taille humaine avec une vie à l'année, une jeunesse qui reste, un tourisme raisonné de qualité. »
« La vision à long terme, le souci de rassembler et de fédérer pour faire du village un lieu agréable à vivre. Vouloir rénover, sans révolutionner, rajeunir ce qui existe, en respectant les anciens. Changer les mentalités et effacer les animosités ! Beau programme ! »
« Si on agit tranquillement mais constamment, débarrassé des velléités immobilières du siècle dernier, alors ce sera la renaissance d’un beau village. »
« Le centre du village doit être préservé, dans son cadre de vie. Il doit offrir une belle place de village, un lieu où les gens peuvent se retrouver et… se réconcilier ! »
« Votre projet du centre du village m’a particulièrement ravie… [...] La passerelle pour relier les deux rives, c’est une excellente idée ! »