Notre vision pour le projet du centre village, entretien n°2 et mots croisés contaminards :
Quels sont les retours sur le terrain en ce tout début de campagne ?
Basile Dunand : Extrêmement encourageants ! Vous allez me dire : « Il ne va pas affirmer le contraire. » Mais où que j’aille dans le village, je rencontre des habitants et résidents secondaires qui semblent très enthousiastes de ma candidature et des premiers éléments communiqués.
Cela se traduit d’ailleurs concrètement via notre tribune citoyenne, signée par plus de 650 personnes à l’heure où je vous parle ! Nous nous fixions 150 signatures pour cette première vague. J’ai été le premier surpris par l’ampleur de l’engouement suscité !
Pourquoi avoir proposé cette tribune aux habitants, quel est l’objectif ?
Basile Dunand : L’idée est de placer dans le débat public des principes de base, qui, appuyés par les signatures des résidents permanents et secondaires, doivent s’imposer à tous les candidats et aux futurs élus. Ces principes, soyons honnêtes avec nous-mêmes, ne sont pas toujours respectés. Je pense par exemple à l’exemplarité des élus et au respect du droit commun, par exemple sur l’urbanisme. Je pense aussi à l’écoute des habitants sur les grands projets, comme celui du centre. Inutile de vous faire un dessin.
C’était un gros risque de commencer une campagne en proposant aux Contaminards de signer un document. Dans un village où la prise de position publique fait peur à beaucoup d’habitants, nous avons pris le risque de récolter peu de signatures. Or, même si un certain nombre de personnes nous ont dit soutenir ces principes mais ne pas oser s’engager publiquement, nous avons déjà obtenu plus de 650 signatures !
C’est réellement incroyable. ça nous motive encore plus et ça nous rassure, parce que ça prouve qu’on n’est pas à côté de la plaque, loin de là ! Il y a une attente très forte des Contaminards (et Contaminards de cœur, comme nous avons choisi d’appeler les résidents secondaires).
Pour la première fois dans notre village, plusieurs centaines d’habitants s’expriment publiquement autour de principes communs. Photo – © B. Dunand
Quels sont les premiers enseignements ?
Basile Dunand : Premièrement, le projet de construction sur la place du village est rejeté en masse. Nous avons reçu une centaine de messages de soutien sur le sujet. Ce sera sans doute un des enjeux les plus importants de cette campagne. Et c’est très bien ! Ce sera démocratique. Projet contre projet, les habitants feront leur choix dans les urnes. J’espère qu’ils ont abandonné cet acharnement à vouloir imposer leur projet, en débutant les travaux dès cet automne, à seulement quelques mois de la fin de leur mandat. Cela crée beaucoup d’anxieté dans la population. Pendant la fête au village, les gens me demandaient : « C’est la dernière dans le centre ?! »
Heureusement, ce n’est pas aux élus de décider, mais aux investisseurs qui portent le risque financier et à la justice. Sans la totalité des terrains en main, cela parait hautement improbable qu’ils puissent commencer. Comme beaucoup, je ne comprends pas la manière de communiquer de la municipalité : elle suscite une vive inquiétude parmi les habitants.
Deuxièmement, les gens sont très impatients de découvrir notre liste, avec les 14 candidats qui m’accompagnent, ainsi que notre programme. J’ai hâte, moi aussi, car j’entends déjà des idées fausses qui circulent dans le village. Notre communication va être crescendo. Mais d’abord, nous devons compiler et hiérarchiser les nombreuses idées reçues pour le programme, que ce soit via la consultation du site, ou au fil des échanges dans le village. Je suis très attaché à ce que les Contaminards se disent, en découvrant le programme : voilà quelque chose de sérieux, de concret, et qui répond à nos problématiques.
Notre fête au village, relancée en 2023 par un comité d’organisation d’habitants, avec l’appui de l’office de tourisme – © B. Dunand
Peux-tu nous expliquer clairement comment tu t’y es pris pour constituer la liste ?
Basile Dunand : Pour éviter de monter une liste partisane, rassemblant des copains qui partagent des intérêts privés, j’ai procédé de manière très méthodique.
Je suis parti de la liste électorale, qui compte environ mille votants. J’ai effectué un premier tri pour retenir une centaine de personnalités qui me paraissaient intéressantes, en les classant par genre, pour respecter la parité, et par âge, afin de trouver un équilibre entre jeunes et moins jeunes. J’ai veillé à ne retenir aucun habitant susceptible d’avoir un conflit d’intérêt avec les affaires communales.
J’ai ensuite établi un tableau listant les compétences nécessaires à la commune. Face à chaque besoin, j’ai composé ma liste idéale, en cherchant à respecter plusieurs équilibres : parité, âge, sensibilité politique locale et familiale, avec des impératifs de neutralité, de nuance et d’envie de travailler de manière constructive.
Pendant un an, je suis allé démarcher chaque personne, une par une. En cas de refus, je passais à un autre nom de mon tableau des personnalités présélectionnées, ce qui nécessitait parfois de nouveaux ajustements pour conserver l’équilibre recherché.
Quand je parle de “casse-tête”, les mots sont faibles… Je me suis imposé de nombreuses contraintes qui ne sont pas prévues par le code électoral, mais selon moi, c’est la seule manière d’arriver à une liste dont chacun pourra dire : « Enfin quelque chose de vraiment
rassembleur ! »
Que leur as-tu dit en premier lieu ?
Basile Dunand : Je leur ai d’abord présenté le cap général : le tourisme d’hiver restera le pilier central de notre économie pendant de nombreuses années, et nous le soutiendrons fermement. Nous serons pleinement favorables à sécuriser l’activité ski pour qu’elle perdure le plus longtemps possible, d’autant que notre territoire est mieux loti que d’autres.
Pourquoi c’est vital ? Parce que cette activité génère d’importantes retombées économiques pour la commune, tant dans le secteur privé que public. C’est le ski qui nous donnera les moyens de financer notre transition : plus l’activité durera, plus nous pourrons investir dans l’avenir. Dans des activités annexes, telles que pistes de VTT, chemins de randonnée ou encore dans des aménagements publics pour notre centre-village, par exemple.
Car soyons lucides : qu’on le veuille ou non, il faut dès maintenant investir dans la diversification touristique et économique. Anticiper la baisse progressive des revenus liés au ski, c’est faire preuve de responsabilité, avant qu’il ne soit trop tard.
Une fois qu’on a dit ça, deux options s’offrent à nous : soit nous nous organisons pour préparer l’avenir, soit nous le subissons. Avec mes colistiers, nous choisissons la première option. Pas vous ?
Nos futures tables rondes à l’espace animation pour imaginer les Contamines de demain.
Comment comptes-tu fédérer et mobiliser ?
Basile Dunand : Dans les six premiers mois du mandat, nous organiserons un grand exercice de démocratie participative réunissant résidents principaux et secondaires. Les enfants y seront également associés à travers un travail mené à l’école. Ensemble, nous dessinerons l’avenir de notre belle commune : celui de notre centre-village, de notre domaine skiable, de nos hameaux, de notre patrimoine historique et naturel, ainsi que de nos développements touristiques, économiques et urbanistiques.
De ces réflexions naîtra une charte qui orientera les décisions des élus pour les années à venir. Je ne crois ni à la démocratie participative absolue, ni à la démocratie représentative absolue : je crois à un équilibre entre les deux, fondé sur un dialogue constant entre élus et citoyens.
Les élections ne doivent plus être un chèque en blanc aux élus.
Pour maintenir cette écoute tout au long du mandat, une plateforme en ligne et en mairie permettra de consulter régulièrement la population, et de lui offrir un moyen simple pour signaler tout problème dans nos hameaux.
Un dernier engagement à communiquer ?
Basile Dunand : Il y a un très fort mécontentement sur la manière dont sont instruites les autorisations d’urbanisme. Notre programme défendra une approche plus humaine et attentive du service public rendu au contribuable. Nous orienterons les habitants en amont des démarches administratives pour leurs projets, afin qu’ils démarrent sur de bonnes bases, plutôt que de les confronter à des refus administratifs parfois aberrants et sans explication.
Avant les gros projets qui flattent les égos, nous reviendrons au rôle fondamental de l’élu local. C’est-à-dire que nous aurons à cœur d’être des facilitateurs, dans le respect du droit commun et de l’intérêt collectif.
Nous serons guidés par le bon sens et l’envie d’aider les Contaminards.