Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Pascale Girard : Je m’appelle Pascale Girard j’ai 64 ans. je suis née Mollard, d’une famille (comme dirait certain) qui a plusieurs générations au cimetière !
Je suis mariée et j’ai 2 garçons qui vivent et travaille au village ainsi que 4 petits enfants.
J’ai grandi et fait ma carrière professionnelle avec mon mari aux Contamines en étant tenanciers de l’auberge de Colombaz pendant plus de 32 ans.
Les Contamines et la vallée sont pour moi mes attaches et mes racines.
Pourquoi avoir signé la tribune citoyenne et ses 6 priorités pour notre village ?
Pascale : j’ai signé la tribune citoyenne car elle correspond à mes idées sur le devenir de mon village.
Je suis heureuse de constater que beaucoup de personnes ont une vision similaire à la mienne, qui souhaitent redonner une place prioritaire et décisionnaire aux habitants permanents, qui sans tout renier de ce qui a été fait, s’orientent vers un avenir moins élitiste, moins business de surtourisme où l’on court après je ne sais quoi en y perdant notre âme et nos racines.
Selon vous, quel est aujourd’hui le principal enjeu collectif à résoudre pour redonner un cap clair aux Contamines ?
Pascale : Le centre village (l’arlésienne des Contamines). Faire aboutir, enfin, un projet qui correspond aux souhaits et aux attentes des habitants ; que ce lieu leurs appartiennent sans repartir sur une énième opération immobilière qui ne profite qu’à certains. Le centre du village doit rester un bien commun !
Dans votre vie quotidienne ici, quel est l’exemple le plus concret d’un problème ou d’un manque qui doit absolument être amélioré ?
Pascale : L’immobilier et le logement permanent. La pression immobilière touristique qui empêche nos jeunes de vivre et travailler au village. Ne faisons pas du village des Contamines une ville à la montagne, avec tous les inconvénients de la ville en pleine saison et une ville fantôme le reste du temps.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir notre démarche plutôt qu’une autre ?
Pascale : La volonté de remettre les Contaminards au centre du village et de leur destinée. Par contaminard s’entend la population (native ou pas) qui y vit à l’année et qui y travaille.
Qu’est-ce qui fait, pour vous, la singularité et la force de notre station-village ?
Pascale : Sa vallée « en cul de sac » car l’on fait la démarche d’y venir et de ne pas qu’y passer.
Son patrimoine naturel exceptionnel, son patrimoine montagnard et culturel typique d’un village qui doit être préservé pour qu’un tourisme désireux d’authenticité désire y venir.
Si on vous demande de citer un seul endroit aux Contamines, ce serait lequel et pourquoi ?
Pascale : Pour moi, évidement, Colombaz. Pour sa vue, pour son emplacement à l’écart des infrastructures touristiques qui permet d’être encore à l’abri du surtourisme été comme hiver.
Chaque matin, depuis plus de 33 ans, c’est le même émerveillement et conscience d’avoir le privilège de vivre là.
Comment imaginez vous le village dans 50 ans si on ne change rien… et si on agit ?
Pascale : Si l’on ne fait rien : un village aux volets fermés, aux commerces fermés 6 mois par an. Des complexes et des infrastructures touristiques gérés par des groupes étrangers faisant un busines artificiel de surtourisme au dépend d’une population permanente qui, faute de pouvoir se loger, migrerait dans la plaine pour venir en bus faire les petites mains pendant les saisons. En un mot ce serait « Mickeyland ».
Si on agit en bonne intelligence, en conscience de l’avenir de notre planète, nous pouvons, si nous gardons collectivement la main sur les décisions à prendre, garder un village à taille humaine avec une vie à l’année, une jeunesse qui reste, un tourisme raisonné de qualité.
Si vous aviez carte blanche pour un projet utile à tous, lequel serait-ce ?
Pascale : Une maison intergénérationnelle pour que l’ancienne génération comme la jeune puissent rester vivre au village, tout en ayant à apprendre l’une de l’autre.
Qu’aimeriez-vous transmettre aux générations futures qui vivront ici ?
Pascale : La pépite que nous possédons : intacte ! Même mieux en lui ayant redonnée la brillance qu’elle commençait de perdre. En leur faisant prendre conscience de sa valeur. Et cette devise : on n’hérite pas de nos ancêtres, nous empruntons à nos enfants.
Si vous devez résumer notre projet pour mars 2026 en un seul mot, ce serait lequel ?
Pascale : ESPOIR : la réalité souvent contrarie les rêves mais je veux espérer que votre projet et votre méthode apporteront un souffle nouveau aux Contamines.
Souhaitez-vous ajouter un dernier commentaire ou partager un point que nous n’aurions pas abordé ?
Pascale : Mon sentiment depuis quelques années c’est de voir nos vies s’accélérer et notre espace rétrécir ! Après quoi courrons-nous ? Le fric ! Et cela nous rend individualistes.
Oui le tourisme nous fait vivre mais est-il le principal dans nos vie?
Le vivre ensemble dans un lieu privilégié, une vie et une ambiance de village ne seraient ils pas les atouts pour recréer l’authenticité qui s’est délitée au fil des ans ?