« J'ai naturellement signé la tribune citoyenne car elle promeut et met en avant des ambitions désirables et souhaitables pour la montagne de demain. »

L'entretien

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Marianne Cousty : Je m’appelle Marianne Cousty, j’ai 27 ans et je suis élève avocate à l’Ecole de Formation du Barreau près la Cour d’Appel de Paris. Je me spécialise en droit de l’environnement et en droit pénal de l’environnement. Je suis résidente secondaire aux Contamines Montjoie où mes parents habitent 5 mois par an.

Mon lien avec le village m’a été transmis par ma grand-mère paternelle, qui est tombée amoureuse de la vallée dans les années 1960 et qui a fait construire à cette période au hameau de la Berfière.

J’ai passé toutes mes vacances d’automne, d’hiver et de printemps aux Contamines depuis que je suis née. C’est là que j’ai eu la chance d’apprendre à skier en même temps que d’apprendre à marcher. C’est aussi au coeur de cet écrin de nature que j’ai appris à m’émerveiller pour l’environnement montagnard, si précieux et fragile. C’est ici que j’ai appris à dormir dehors, à observer les saisons et les étoiles, à sentir les odeurs de la forêt et des pâturages. C’est aussi ici que j’ai appris à instruire un dossier d’urbanisme, lors de mon stage à la mairie des Contamines. C’est ici que j’ai appris à faire des frites à la Kouzna ou à conduire un téléski à la SECMH. C’est peut-être aussi ici que j’ai le plus bu de « canons » et fait la fête, avec les habitant.es des Contamines.

Après avoir vécu presque deux années successives aux Contamines « grâce » aux confinements, j’ai rédigé un mémoire de recherche sur la protection de la nature et l’urbanisme en montagne. Je suis devenue juriste bénévole dans une association de protection de la montagne (POW.fr) et j’espère pouvoir, dans ma pratique, défendre ces espaces et ses habitants.

C’est sans le moindre doute que mon attachement à ce village a constitué les fondations de mon engagement pour la nature.

Pourquoi avoir signé la tribune citoyenne et ses 6 priorités pour notre village ?

Marianne : J’ai naturellement signé la tribune citoyenne car elle promeut et met en avant des ambitions désirables et souhaitables pour la montagne de demain, tant d’un point de vue social et écologique qu’économique : elle priorise l’habitat permanent, une économie qui se diversifie du « tout ski » et prend réellement acte des conséquences du dérèglement climatique sur les villages de moyenne montagne.

Elle fait l’effort d’anticiper. Enfin, elle affirme vouloir dépasser les clivages historiques pour ré-instaurer du débat et du dialogue, chose dont nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin.

Selon vous, quel est aujourd’hui le principal enjeu collectif à résoudre pour redonner un cap clair aux Contamines ?

Marianne : Je ne pense pas être assez investie dans la vie quotidienne contaminarde pour répondre à cette question de façon intelligente.

Dans votre vie quotidienne ici, quel est l’exemple le plus concret d’un problème ou d’un manque qui doit absolument être amélioré ?

Marianne : La mobilité douce intercommunale.

Qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir notre démarche plutôt qu’une autre ?

Marianne : Le projet et les personnes qui le portent.

Qu’est-ce qui fait, pour vous, la singularité et la force de notre station-village ?

Marianne : Son authenticité, sa préservation patrimoniale et environnementale (la réserve naturelle) et ses habitants.

Si on vous demande de citer un seul endroit aux Contamines, ce serait lequel et pourquoi ?

Marianne : Peut-être la place du village. Elle offre une vue imprenable sur les Miages, le Mont-Joly et les aiguilles de la Pennaz dans la réserve. Elle accueille les festivités de Noël, du nouvel an, de la fête des guides, de la fête du village, les marchés, etc… C’est là qu’on arrive depuis la gare, c’est là qu’on se croise, qu’on se rejoint, qu’on passe du temps ensemble. Parfois aussi, elle incarne le vide et l’ennui d’une station en inter-saison. Elle est toujours là, bien qu’elle sacralise aussi les conflits depuis 50 ans, un roc de place !

Comment imaginez vous le village dans 50 ans si on ne change rien… et si on agit ?

Marianne : Si on ne change rien malheureusement, et c’est indépendant du seul levier local mais j’imagine évidemment le village sans neige en plein hiver.

Si on agit je l’imagine avec moins de voitures en période touristique, plus de vie et période creuse.

Si vous aviez carte blanche pour un projet utile à tous, lequel serait-ce ?

Marianne : Un réseau de petites navettes jusqu’au Valléen de Saint Gervais qui fonctionnerait toute l’année, tous les jours, en plus de la ligne Y84.

Qu’aimeriez-vous transmettre aux générations futures qui vivront ici ?

Marianne : La nature, la nature, la nature.

Si vous devez résumer notre projet pour mars 2026 en un seul mot, ce serait lequel ?

Marianne : Le bon projet pour demain.

Ces témoignages sont publiés tels qu’ils ont été rédigés par leurs auteurs, qui disposaient d’une totale liberté pour répondre aux questions et exprimer leurs idées.

 
Basile Dunand et l’équipe Espoir Contaminard remercient chaleureusement toutes celles et ceux qui ont pris le temps de répondre et d’exprimer leur soutien.

ils nous soutiennent aussi !

« Garder un village à taille humaine avec une vie à l'année, une jeunesse qui reste, un tourisme raisonné de qualité. »
« J'ai naturellement signé la tribune citoyenne car elle promeut et met en avant des ambitions désirables et souhaitables pour la montagne de demain. »
« Parce que seule une approche 4 saisons rendra notre village vraiment vivant, solide et attractif dans la durée. »
« La vision à long terme, le souci de rassembler et de fédérer pour faire du village un lieu agréable à vivre. Vouloir rénover, sans révolutionner, rajeunir ce qui existe, en respectant les anciens. Changer les mentalités et effacer les animosités ! Beau programme ! »
« On observe un réel laisser-aller, une forme de repos sur les acquis, et une ignorance préoccupante des enjeux propres à un territoire de montagne comme le nôtre. »
« Il faut trouver un équilibre… Entre ce que de nombreuses familles des Contamines ont créé autour de l'économie du tourisme, reconnaître les abus, revenir à une simplicité, améliorer une vie de village sur 365 jours. »