Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Dominique Stritmatter : Arrivée aux Contamines en 1990 depuis Le Havre, j’ai très vite trouvé ici un véritable lieu de vie. Passionnée par les chiens de traîneau, c’est à la Gorge que j’ai rencontré Bruno, qui est devenu mon mari et mon partenaire de travail. Depuis plus de trente ans, nous partageons notre passion avec les vacanciers en proposant des balades en traîneau, un métier exigeant mais profondément gratifiant.
Lorsque Yannick est parti, j’ai également repris le parcours aventure, afin que cette activité perdure pour les familles et participe à l’attractivité du village. En tant que socio-professionnelle ancrée dans la commune, je me sens directement concernée par la manière dont notre territoire est organisé, par les choix faits aujourd’hui et par ceux qui engageront notre avenir. Notre village repose aussi sur l’engagement de ceux qui y vivent et y travaillent, et je souhaite pleinement y contribuer.
Pourquoi avoir signé la tribune citoyenne et ses 6 priorités pour notre village ?
Dominique : Parce qu’elle porte une vision de l’avenir réaliste, ancrée dans le quotidien des habitants. Elle propose de recréer un véritable engouement social au sein du village, de redonner du sens à ce qui nous fait nous lever le matin, et de remettre les habitants, tous les habitants, au cœur des décisions.
Parce qu’elle défend aussi une approche respectueuse de notre cadre de vie : préserver la place du village, l’améliorer intelligemment, sans la dénaturer par de grands bâtiments ou des projets qui n’auraient rien à voir avec l’esprit des Contamines.
En somme, une vision lucide, humaine et fidèle à l’âme du village.
Selon vous, quel est aujourd’hui le principal enjeu collectif à résoudre pour redonner un cap clair aux Contamines ?
Dominique : Porter l’ambition d’un développement touristique à l’année, à l’image d’un véritable village de montagne qui vit pleinement en toutes saisons, avec des hautes et basses saisons bien sûr, mais une activité continue, diversifiée et bénéfique pour tous.
Dans votre vie quotidienne ici, quel est l’exemple le plus concret d’un problème ou d’un manque qui doit absolument être amélioré ?
Dominique : La gestion de l’office de tourisme est, selon moi, révélatrice d’un dysfonctionnement plus large. Depuis plusieurs années, malgré les changements de municipalité, les mêmes difficultés persistent : manque de clarté dans l’organisation, instabilité, absence de vision à long terme. On sent bien qu’il y a un vrai problème structurel qui n’a jamais été traité en profondeur.
Les services techniques, eux aussi, gagneraient à revoir leur mode de fonctionnement. Il serait sans doute nécessaire de mieux structurer les équipes, notamment en désignant des responsables clairement identifiés pour chaque secteur. Cela permettrait d’améliorer la coordination, la réactivité et la qualité du service rendu aux habitants comme aux socio-professionnels.
En bref, une remise à plat pragmatique et ambitieuse de l’organisation communale devient indispensable si l’on veut retrouver de l’efficacité et de la sérénité dans le fonctionnement du village.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir notre démarche plutôt qu’une autre ?
Dominique : Une véritable bouffée d’ouverture d’esprit, portée par une équipe qui apporte enfin de la jeunesse, mais surtout des compétences solides. Cela fait du bien de voir émerger des personnes capables de renouveler les méthodes, d’apporter des idées neuves et d’aborder les enjeux du village avec sérieux et professionnalisme.
Qu’est-ce qui fait, pour vous, la singularité et la force de notre station-village ?
Dominique : Sa taille humaine, d’abord : un domaine skiable magnifique, reconnu pour sa qualité, tout en restant un village qui a su préserver son âme. Cette authenticité est notre force. Mais il y a aujourd’hui un véritable danger : cette âme, justement, pourrait se perdre si l’on ne protège pas ce qui fait l’identité des Contamines et si l’on laisse s’installer des projets ou des pratiques qui ne correspondent plus à l’esprit du village.
Si on vous demande de citer un seul endroit aux Contamines, ce serait lequel et pourquoi ?
Dominique : Notre-Dame de la Gorge, parce que c’est un lieu magique.
Comment imaginez vous le village dans 50 ans si on ne change rien… et si on agit ?
Dominique : Si l’on ne change rien, nous allons droit vers un village-dortoir, un peu comme Flaine au mois de novembre : des rues vides, des volets fermés, un centre sans vie… on pourrait presque imaginer une boule de foin traverser la place tant l’ambiance serait désertique. Un village triste, sans âme, loin de ce que doivent être Les Contamines.
À l’inverse, j’imagine une belle place du village, sans immeubles démesurés, animée toute l’année. Un véritable lieu de vie où l’on se rencontre, où l’on échange, où la convivialité et l’esprit de village reprennent toute leur place. Une vie de village quoi.
Si vous aviez carte blanche pour un projet utile à tous, lequel serait-ce ?
Dominique : Des logements intergénérationnels qui rassemblent les anciens, les jeunes, les familles, et qui recréent une véritable vie de village en favorisant les rencontres, l’entraide et le quotidien partagé.
Qu’aimeriez-vous transmettre aux générations futures qui vivront ici ?
Dominique : Stop aux constructions qui dénaturent notre cadre de vie. Préserver l’environnement doit redevenir une priorité absolue : protéger nos paysages, limiter l’artificialisation des sols et maintenir l’harmonie qui fait la beauté et l’identité de notre village.
Si vous devez résumer notre projet pour mars 2026 en un seul mot, ce serait lequel ?
Dominique : Concertation.