Cécile Demargne

Cécile Demargne
« Il faut trouver un équilibre… Entre ce que de nombreuses familles des Contamines ont créé autour de l'économie du tourisme, reconnaître les abus, revenir à une simplicité, améliorer une vie de village sur 365 jours. »

L'entretien

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Cécile Demargne : Mes racines ont poussé ici, dans cette vallée, sur les flancs des montagnes, dans les alpages…
Je suis née là, mes ancêtres aussi, mon ADN est ici… Mais pas à 100% ! Mes grands parents paternels étaient lyonnais. Ils m’ont fait découvrir leur vie citadine… Du coup, je sais que j’ai choisi avoir 100% de mon ADN montagnard ! J’ai pu être pisteur secouriste, accompagnatrice en montagne, guide du patrimoine.

Pourquoi avoir signé la tribune citoyenne et ses 6 priorités pour notre village ?

Cécile : Dans cette tribune le message n’est pas être au dessus de qui que se soit, humain ou environnemental. On reste actif avec ce qui a été créé, mais on regarde l’avenir, on l’anticipe. On respecte le habitants du village et son environnement.

Selon vous, quel est aujourd’hui le principal enjeu collectif à résoudre pour redonner un cap clair aux Contamines ?

Cécile : Changer de PLU qui donne trop de pouvoir aux entrepreneurs !

Dans votre vie quotidienne ici, quel est l’exemple le plus concret d’un problème ou d’un manque qui doit absolument être amélioré ?

Cécile : Transport en commun dans le village et vers saint Gervais à l’année…

Qu’est-ce qui vous a convaincu de soutenir notre démarche plutôt qu’une autre ?

Cécile : La jeunesse 😉 Une vision beaucoup plus globale sur la vie du village, et non toujours tournée vers ces enjeux économiques. Mais attention : « La possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison ! » Kant… Et même au niveau d’un petit village !

Qu’est-ce qui fait, pour vous, la singularité et la force de notre station-village ?

Cécile : C’est justement un village avec son histoire. Les habitants ont su s’adapter à la vie rude qu’oblige ces vies dans les montagnes, ils ont su dans le passé être capable de vivre en autonomie, en autarcie…. Et c’est seulement depuis 80 ans que l’exploitation de la neige a permis une autre évolution.

Aujourd’hui nous sommes arrivés aux limites de certains systèmes (économique, environnement, humain). L’avenir est de se repositionner, de s’adapter en restant toujours conscient de se que nous laissons aux générations futures.

Si on vous demande de citer un seul endroit aux Contamines, ce serait lequel et pourquoi ?

Cécile : « Ici commence la liberté, la liberté de bien se conduire.
Voici l’espace, voici l’air pur, voici le silence, le royaume des aurores intactes et des bêtes naïves.
Tout ce qui vous manque dans les villes est ici préservé pour votre joie. » – Samivel

Je partage avec Samivel, que nos montagnes sont avant tout un sanctuaire naturel à préserver et surtout à respecter. Et reposons nous la question avec l’économie touristique, pourquoi viennent ils en montagne ? Ne détruisons pas plus ce que beaucoup viennent découvrir et faisons en sorte de mieux la faire respecter !

Comment imaginez vous le village dans 50 ans si on ne change rien… et si on agit ?

Cécile : Il faut trouver un équilibre… Entre ce que de nombreuses familles des Contamines ont créé autour de l’économie du tourisme, reconnaître les abus, revenir à une simplicité, améliorer une vie de village sur 365 jours.

Ne plus tomber dans l’abus avec du surtourisme la moitié de l’année et un village tout fermé où il n’y a pas un troquet d’ouvert ni de boulangerie, l’autre moitié !

Quand vous bougez un peu en France, vous arrivez dans des villages sûrement moins peuplé qu’aux Contamines et vous trouvez une boulangerie qui fait aussi troquet !

Si vous aviez carte blanche pour un projet utile à tous, lequel serait-ce ?

Cécile : Héhé la fameuse place du village ! Bien sûr qu’elle a besoin d’être réaménagée, mais je ne partage pas l’idée de la bétonner aux profits d’entrepreneurs !

Je suis sûre que notre richesse est que la commune soit propriétaire de ce terrain, pour créer une belle esplanade arborée, avec sur les côtés de petits immeubles qui suivraient la ligne de pente, pour ne pas être trop haut où il y aurait des logements permanents. Redonner vie à ce centre village.

Qu’aimeriez-vous transmettre aux générations futures qui vivront ici ?

Cécile : Rien ne nous appartient, nous sommes que des locataires !! Adaptation, ici au cœur de ces montagnes, ce mot résonne encore plus fort !

Si vous devez résumer notre projet pour mars 2026 en un seul mot, ce serait lequel ?

Cécile : Écoute. Pour justement être capable de remettre la vie d’un village en avant.

Souhaitez-vous ajouter un dernier commentaire ou partager un point que nous n’aurions pas abordé ?

Cécile : Dés qu’on évoque cette nouvelle campagne qui se met en place pour les futures municipales, on entend que cela devient trop « politique ».

Oui c’est juste car la politique est relatif aux gouvernements, à la conduite des hommes. Toutes personnes qui iront voter en 2026 seront à l’écoute de tous ceux qui souhaitent gouverner le village. N’ayons pas peur de faire de la politique ! 😉

Ces témoignages sont publiés tels qu’ils ont été rédigés par leurs auteurs, qui disposaient d’une totale liberté pour répondre aux questions et exprimer leurs idées.

 
Basile Dunand et l’équipe Espoir Contaminard remercient chaleureusement toutes celles et ceux qui ont pris le temps de répondre et d’exprimer leur soutien.

ils nous soutiennent aussi !

« Le centre-village est déjà bien tel qu’il est sur le plan des constructions : il n’y a pas lieu d’ajouter de nouveaux bâtiments qui viendraient alourdir le paysage ou masquer les vues qui font son identité. »
« Parce que seule une approche 4 saisons rendra notre village vraiment vivant, solide et attractif dans la durée. »
« J'ai naturellement signé la tribune citoyenne car elle promeut et met en avant des ambitions désirables et souhaitables pour la montagne de demain. »
« Il ne faut pas chercher à devenir Courchevel, Megève ou Chamonix. Nous savons qui nous sommes. Les Contamines sont une petite station familiale, et c’est précisément ce qu’il faut préserver. »
« J’imagine une belle place du village, sans immeubles démesurés, animée toute l’année. Un véritable lieu de vie où l’on se rencontre, où l’on échange.»
« Un projet à taille humaine qui se préoccupe de manière réaliste des enjeux futurs, qui apporte des solutions simples et œuvre pour ses habitants. »